Le continent africain fait face à un double défi : l'augmentation rapide de la consommation d'appareils électroniques et l'afflux de déchets d'équipements électriques et électroniques (DEEE) importés. Ces déchets, riches en métaux rares mais souvent toxiques s'ils ne sont pas traités correctement, représentent une menace environnementale, mais surtout un immense potentiel économique pour l'économie circulaire.
L'Électronique, une Mine Urbaine
Le concept de l'"E-waste-to-wealth" prend tout son sens en Afrique. Au lieu de voir ces objets comme des déchets, de jeunes entrepreneurs, notamment au Ghana et au Nigeria, les considèrent comme des mines urbaines : des gisements de matières premières secondaires. Des initiatives locales se multiplient pour le reconditionnement de smartphones, la réparation d'ordinateurs et l'extraction sécurisée de composants. Cela crée non seulement des emplois qualifiés dans les zones urbaines, mais permet aussi de fournir des appareils numériques abordables pour les populations à faible revenu. L'enjeu est désormais de structurer ces initiatives informelles en filières industrielles, en assurant la formation et la mise aux normes de sécurité pour les travailleurs. L'économie circulaire est ici synonyme de souveraineté technologique et de résilience face aux chaînes d'approvisionnement mondiales.